Délivrances

Délivrances

Toni Morrison

10-18

  • 24 février 2020

    amour, enfance, félures

    Le dernier roman de Toni MORRISON : God Help the Child.

    Encore une fois, j’ai été étonnée par l’entrée du surnaturelle dans le roman : Bride redevient jour après jour une petite fille, au rythme des transformations de son corps.

    J’ai aimé Booker, même si il ne se révèle qu’en seconde partie du roman : la mort cruelle de son frère aîné qu’il porte comme un fardeau.

    J’ai eu de la peine pour Bride, que sa mère ne prend par la main que lorsqu’elle ment pour elle au tribunal.

    J’ai aimé ces adultes qui se débrouillent comme ils peuvent avec leurs fêlures d’enfance.

    Mais des adultes qui ont su croire en l’amour pour soigner leurs peines.

    Quelques citations :

    Et lui, sachant tout de la façon dont les blessures d’enfance suppuraient et jamais ne cicatrisaient, il la consolait, non sans dissimuler sa rage à l’idée de quiconque en train de lui faire du mal. (p.148)

    Il lui offrit alors la main qu’elle avait ardemment désirée toute sa vie, la main qui n’avait pas besoin de mensonges pour qu’on la mérite, la main de confiance et de l’attention. (p.188)

    L’image que je retiendrai :

    Celle de la couleur jaune, qui apparait par touches, comme un rayon de soleil éclairant le texte.

    https://alexmotamots.fr/delivrances-toni-morrison-2/


  • 16 septembre 2017

    Dame noire en blanc

    La parution d’un roman de Toni Morrison est toujours un événement : on sait qu’on y retrouvera ses thèmes de prédilection, l’identité noire, la liberté des Afro-américains entravée par les chaînes familiales, communautaires, sociétales… Oui, d’accord, mais il est comment, le dernier Toni Morrison ? Contemporain, follement sensuel et terriblement rugueux.      

    Aux Etats-Unis, quand on a du sang noir mais qu’on est parvenu au fil des générations et des métissages à faire croire que l’on était blanc, donner le jour à un enfant noir est une malédiction, même aujourd’hui. Au désespoir de ses parents mulâtres, Lula Ann naît noire et subit durant toute son enfance la cruauté que lui vaut sa couleur de peau. Pourtant, une fois adulte, elle en fait un atout, transforme son corps en bombe ténébreuse qu’elle habille uniquement de blanc et se fait désormais appeler « Bride ». Devenue le produit de sa propre fabrication, un produit qui fait vendre, Bride a réussi socialement ; elle possède de l’argent, un grand appartement, une Jaguar, bref, elle tient sa revanche sur l’ancienne petite « négrillonne ».

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