David Bowie, Rainbowman (1967-1980)

Rainbowman (1967-1980)

Gallimard

40,25

Pendant près d’un quart de siècle, en tant que journaliste musical, Jérôme Soligny a écrit à propos de David Bowie et a régulièrement échangé avec lui. Au printemps 2016, quelques semaines après son décès, il s’est attelé à une tâche aussi originale que conséquente : raconter Bowie, le musicien, ses enregistrements et ses tournées, avec le concours de ceux qui ont participé à l’édification de son œuvre. En comptant les vedettes du rock qui s’étaient déjà exprimées à son micro au sujet de cet artiste hors-norme - dont il a rassemblé ici les déclarations - c’est près de trois cents personnes (producteurs, instrumentistes, ingénieurs du son, mais aussi designers, photographes, ainsi que des musiciens qui l’ont influencé ou qu’il a influencés…) qui prennent la parole dans Rainbowman. Elles contribuent à brosser un portrait, non pas conforme à l’idée que, depuis des décennies, les médias et le public se font de David Bowie, mais fidèle de l’homme de mots et de musique, du mélomane passé à l’acte que, humblement, il a prétendu être jusqu’à la fin de sa vie.


Beaux-livres Hazan, Hiroshige Paysages célèbres des soixante provinces du Japon
34,44

Né à Edo, l’ancienne Tokyo, Hiroshige (1798-1858) entre à quatorze ans chez un artiste réputé, Utagawa Toyohiro, qui a joué un rôle déterminant dans le développement de la peinture de paysage au Japon. Brillant disciple, Hiroshige révèle un don pour exprimer la beauté de la nature, et c’est avec la série d’estampes des Cinquante-trois stations sur la route du Tokaïdo qu’il accède brusquement à la notoriété en 1833-1834. Dès lors, il impose, avec son aîné Hokusai (1760-1849), comme l’une des deux grandes figures de l’ukiyo-e, ce mouvement artistique de l’ère d’Edo (1603-1868) qui va s’intéresser aux nouveaux centres d'intérêt d’une bourgeoisie urbaine et marchande en plein essor.
Le premier grand succès de Hiroshige l’incite à multiplier les recueils de sites célèbres, d’autant plus que la demande est grandissante. À partir des années 1830, en effet, la nouvelle bourgeoisie se passionne pour les voyages d’agrément, et les estampes permettent de fixer le souvenir de lieux visités, ou tout simplement de rêver.
Le style de Hiroshige s’impose d’emblée en raison de l’émotion poétique qui se dégage de ses œuvres, de ses savants dégradés de couleurs, et de la présence dans ses gravures du peuple japonais. Dans la seconde partie de sa carrière, Hiroshige innove de façon magistrale en abandonnant le format horizontal au profit du vertical, un choix qui lui permet des cadrages surprenants et avec des points de vue plongeants d’une grande audace. Les Paysages célèbres des soixante provinces du Japon, publiés entre 1853 et 1856, à la fin de la vie de l’artiste, en offrent des exemples magnifiques. L’eau, omniprésente dans cette série, s’impose par ses bleus aux mille nuances, justifiant une fois de plus le surnom du maître, «  Hiroshige le bleu ».