Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Lumière d'été, puis vient la nuit, roman
29 septembre 2020

Islande

De ces huit histoires qui s’entremêlent, je n’ai pas tout aimé ; certaines m’ont plus parlé que d’autres, comme celle de l’ancien administrateur se prenant de passion pour le latin suite à un rêve ; ou celle des deux employés de la coopérative qui croient aux fantômes ; celle de l’ancien ministre qui veut écrire ses mémoires et se dissous dans le crépuscule.

Un village à part, qui se distingue des autres, sans église ni cimetière.

La narration, quelque peu alambiquée, à l’image de ces vies qui s’imbriquent les unes dans les autres, a eu quelque peu raison de ma patience et de ma lecture trop hachée.

Une lecture en demi-teinte, à l’image de ces histoires entre chien et loup, dont je retiens tout de même quelques citations.

Quelques citations :

L’être humain est plutôt doué pour transformer les menaces, la mort et le désespoir en monnaie sonnante et trébuchante.

Nous sommes bien loin d’avoir surmonté notre peur de la nuit – qu’elle soit en nous, sous nos pieds ou n’importe où dans le monde.

L’image que je retiendrai :

Celles des fresque peintes derrière la coopérative et sur la maison du professeur.

https://alexmotamots.fr/lumiere-dete-puis-vient-la-nuit-jon-kalman-stefansson/

Les os des filles
29 septembre 2020

adolescence, Vietnam

La narratrice a vécu une enfance idéale à Hanoï d’un père français et d’une mère vietnamienne dans un lotissement protégé pour expatriés.

Elle avait trouvé en sa nourrice et sa grand-mère deux figures maternelles aimantes et dévouées.

L’atterrissage dans une France glaciale fut un choc, et la petite fille a bien failli ne pas s’en remettre.

J’ai aimé la première partie du roman, l’histoire familiale des femmes : l’aïeule qui connait la première guerre d’Indochine contre la France, la grand-mère qui élève seule ses trois filles, les trois H dont on ne saura jamais les prénoms.

J’ai aimé la grand-mère avec ses inquitables chaussures roses qui, une fois que ses filles et ses petits enfants furent partie de la maison, devient une blogueuse militante.

J’ai été heurté par le vocabulaire parfois rude et tranchant de l’auteure qui vient couper une phrase agréable : un mot issue du vocabulaire familier fait irruption dans un paragraphe beau.

Je n’ai pas apprécié plus que cela que l’auteure utilise le « tu » pour parler de son personnage.

Un leitmotiv : la guerre et les explosions, les bleus, les os. Tout cela ne fait pas bon ménage à l’intérieur de la jeune fille.

Un roman qui m’a laissé des poissons d’eau dans les yeux lors de la lecture des dernières pages.

L’image que je retiendrai :

Celle de la chaleur et de la moiteur de Hanoï, l’eau faisant comme une seconde peau aux enfants.

https://alexmotamots.fr/les-os-des-filles-lyne-papin/

Sœur

L'Observatoire

21,85
18 septembre 2020

Adolescence, terrorisme

J’ai aimé suivre Jenny, l’écorchée vive qui a dévoré la saga Harry Potter et qui rêve de Daniel Radcliffe. Viendra-t-il la sauver ? Est-ce qu’il va la remarquer et se souvenir d’elle ?

Les parents de Jenny m’ont fait peur : son père qui part en guerre contre sa fille, sa mère désemparée.

J’ai suivi avec attention Dounia, que nous ne croisons que de loin, partie se marier au khalifa, mais excellente recruteuse (elle montre des vidéos de chatons en insérant des scènes de décapitations, comme si c’était normal).

J’ai aimé écouter Saint-Maxens, vieil homme désabusé pour qui la conquête du pouvoir a plus compté que l’exercice de ce même pouvoir, son petit côté chiraquien.

Un roman au phrasé passionnant qui a su me tenir en haleine jusqu’au bout.

L’image que je retiendrai :

Celle de la mère de Jenny tombant dans les pommes quand sa fille arrive un jour portant le hijab.

https://alexmotamots.fr/soeur-abel-quentin/

Le consentement
18 septembre 2020

L'emprise d'un vieux barbon

Je me décide à lire ce livre dont on a beaucoup parlé lors de sa sortie.

J’ai été étonnée de son peu de pages (216) au vu du sujet. L’auteure va à l’essentiel et ne s’embarrasse pas de détails.

S’agit-il d’ailleurs d’un roman, étant donné que les personnages ne sont pas imaginaires ? Peu importe.

Ce qui est intéressant, dans ce récit, c’est la description que l’auteure fait de l’emprise qu’elle a subie de la part d’un vieux barbon ; le terrain propice que constitue sa famille, ou ce qu’il en reste ; son besoin viscéral d’être regardée.

Je ne vous décrirai pas les événements marquants, les médias en ont beaucoup parlé.

Ce que j’ai aimé, c’est la suite, de lire comment on se défait d’une telle emprise. A grand peine, d’autant plus que le gourou bénéficie de la notoriété littéraire et qu’il ne lâche pas sa proie.

Même si, à l’image du début du livre, l’auteure n’entre pas dans les détails.

J’ai aimé le regard adulte qu’elle porte sur ce Monsieur à la sexualité enfantine et mécanique.

Quelques citations :

Ce soir-là, le livre que j’avais apporté et que je lisais dans le petit salon, c’était Eugénie Grandet, de Balzac, qui devient, à la faveur d’un jeu de mot resté longtemps inconscient, le titre inaugural de la comédie humaine à laquelle je m’apprête à participer : "L'ingénue grandit".

Parce que la peur de l’abandon surpasse chez moi la raison, et que je me suis entêtée à croire que cette anormalité faisait de moi quelqu’un d’intéressant.

Toute son intelligence est tournée vers la satisfaction de ses désirs et leur transposition dans un de ses livres. Seules ces deux motivations guident véritablement ses actes. Jouir et écrire.

L’image que je retiendrai :

Celle de la crise psychotique de V. qui lui fait prendre conscience que quelque chose ne va pas.

https://alexmotamots.fr/le-consentement-vanessa-springora/

Elmet

Joëlle Losfeld

21,85
18 septembre 2020

Famille

Quelle histoire étrange que celle de ces deux enfants et de leur père qui construisent leur maison sur un terrain ayant appartenu à la mère des enfants, disparue depuis.

Les enfants ne vont pas à l’école et tous les 3 vivent en marge de la société, très près de la nature.

Le père gagnait sa vie en combattant à mains nues dans des lieux interdits.

C’est le garçon, Daniel, qui raconte leur histoire.

Les passages en pleine nature sont d’un lyrisme ensorcelant.

Mais je dois avouer que je n’ai pas tout compris sur cette famille : la mère est morte d’overdose ? la sœur Cathy se faisait violer par les fils du propriétaire ? La voisine Vivien est-elle dépressive ?

En fermant le roman, il reste quelques zones d’ombres.

L’image que je retiendrai :

Celle de la grande table de cuisine faite par Daniel et son père.

https://alexmotamots.fr/elmet-fiona-mozley/