Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

L'art français de la guerre, roman
16 septembre 2011

Malgré le titre un peu aride, un très beau roman

"Non mais qu'est-ce qui a pris Libfly de m'envoyer un pavé pareil sur l'art de la guerre ? Ils m'ont bien regardé ?!" Voilà ce que je me suis dis en recevant ce gros livre un jour de juillet.

Je l'ai laissé trainé sur ma PAL, je l'avoue, et ne l'ai pris en mains que ce week-end. Malheureuse ! Quel roman intéressant que celui-ci.

A la fois roman d'amour : amour du narrateur pour sa dulcinée, amour de Salagnon pour sa belle Eurydice, amour des "paras" pour la France.

Mais aussi roman sur la guerre, celle qui dure chez nous depuis 60 ans : celle de 39-45 pendant laquelle Victorien s'engage, celle d'Indochine où Victorien lutte contre la chaleur, et celle d'Algérie d'où il sauvera sa belle.

Roman sur l'art du dessin : le narrateur prend des leçons auprès de Victorien et découvre que sans le blanc de la feuille, le noir du trait de crayon n'existe pas.

60 ans de guerre à la française racontée et expliquée de façon grandiose, bien que parfois un peu pompeuse, mais pas trop longtemps.

Un roman sur la société contemporaine également, ses banlieues et son fascisme larvé.

L'image que je retiendrai :

Il y en a tellement : celle des soldats de toutes nationalités à Saïgon ; celle des paras "nettoyant" Alger ; celle des parents de Victorien, commerçants jouant double jeu ; celle de son professeur de latin....

Les Autos tamponneuses, roman
19,84
16 septembre 2011

Vive la retraite en Bretagne

Je n'avais pas franchement envie de lire un roman sur un soixantenaire qui prend sa retraite : ça va être plombant, ça va être gris, ça va me démoraliser.

Et bien, pas du tout ! Quel humour, ce Pierre, quelle décontraction, quel recul sur sa vie et celle des personnes qui l'entourent.

Un peu trop parfois, car j'ai senti Pierre loin de ses enfants, certes grands, mais il ne sait même pas si il a des petits enfants.

Ceci dit, malgré son manque de préparation à la retraite, Pierre sait prendre la vie du bon côté (ah, ces pique-nique Champagne-pâté Hénaf !) et se remet au vélo et à la voile.

Les soirées organisées par sa femme sont des grands moments de bonheur où l'auteur se plait à croquer la bourgeoisie de province ; et le reste du temps, c'est notre société de consommation qui est raillée.

Toutefois, un langage familier utilisé par les personnages alors que j'en attendais un langage châtié m'a dérouté.

Au final, un roman intéressant par sa façon de fustiger notre société contemporaine avec un brin d'humour. Mais pas sûr qu'il m'en reste quelque chose l'année prochaine.

L'image que je retiendrai :

Le nom des nobles bretons voisins de Pierre : René et Françoise de Pen Hoël - ou encore celui du beau-père de Pierre "Robert (call me Bébert) Maudet".

Eux sur la photo
16 septembre 2011

Un très beau roman de la rentrée

Voici un très beau roman sur la mémoire et la photographie.

Sur la mémoire d'abord, car Hélène cherche sa mère, morte quand elle avait 3 ans et dont son père n'a jamais voulu lui parler. Un secret de famille bien gardé, d'autant plus qu'Hélène se découvre une branche maternelle russe. Une histoire famililale qui éclaire ses choix mais aussi ses abandons (comme son permis de conduire), sa vie.



Une très belle écriture au service de la psycho-généalogie (que ce mot est barbare...)

Un roman sur la photographie également, qui ne fait que fixer le moment présent, et pas toute l'histoire des personnes sur la photo. Même si l'on devine la tristesse ou la joie, la photo n'explique pas "pourquoi".

Enfin, une histoire d'amour par lettres, bien loin de Glattauer, car ce sont des vraies missives que s'échangent les personnages à la recherche de leur histoire familiale.

Et puis une autre Histoire d'amour, de celles qui sont contrariées par la société (nous sommes dans les années 50-60) et le quand-dira-t-on, mais de ces belles histoires qui triomphent presque toujours.

Pas un coup de coeur, toutefois, mais un roman que j'ai dévoré et qui m'a fait passer un excellent moment de lecture.

Je le recommande chaudement pour qui aime les histoires et les secrets de famille.

L'image que je retiendrai :

Celle des photos du père de Stéphane, sans jamais personne sur ses clichés, que des bâtiments et des rues, comme pour personnifier l'absence.

Elles vivaient d'espoir
16 septembre 2011

J'ai eu du mal à entrer dans l'histoire, la narration étant hachée, sans cesse en aller-retour, changement de sujets ; bref, pas agréable.

Et puis je me suis demandée : quel est le propos du livre ? L'histoire de l'amitié de deux femmes : car à aucun moment il n'est question d'amour - La vie de la mère de l'auteur avant sa naissance : car il en est question, mais pas exclusivement - La vie et l'engagement de Thérèse Pierre : sujet de l'avant-dernière partie du livre.

Que de questions toujours sans réponse.

Et puis, la petite Claudie le raconte très bien, elle a été élevée et bercée par "les belles lettres" françaises. Que de références, donc à la littérature nationale, ce qui a plombé quelque peu ma lecture, car tout le monde ne maîtrise pas si parfaitement la culture classique.

Pourtant, ce roman m'a touché, sur la fin. L'engagement de Thérèse Pierre m'a ému, car je n'en connaissais rien.

La vie de la mère de l'auteure m'a émue également, dans le dernier chapître.

Au final, donc, un roman émouvant, malgré son aspect "brouillon".

L'image que je retiendrai :

La dernière, celle d'Emma écrivant à ses filles.

Une info supplémentaire :

De Thérèse Pierre, on ne connait que peu de chose, jeune fille effacée, d'après l'auteur. Un site, toutefois, à signaler sur cette figure de la résistance : http://memoiredeguerre.pagesperso-orange.fr/biogr/th-pierre.htm

La synthèse du camphre, roman
16 septembre 2011

Voici un roman plein de senteurs, d'odeurs et de couleurs.

L'odeur du camphre, bien sûr, très forte ; mais aussi de musc et de parfum masculin. Des couleurs : celle de la verdure de la France traversée à bicyclette, de la blancheur des Pyrénées et le gris de la Pologne. De la chaleur : celle de l'amitié des hommes, celle des larmes qui coulent, ou pas.

Un roman sur la fraternité à travers le temps, créée autour d'un regard.

Un très beau roman sur la vie, l'amour, la mort et la chimie - l'alchimie - de tous ces matériaux mis en contact.

L'image que je retiendrai :

Celle de la cordée qui unie les deux frères lors de leur nombreuses traversées des Pyrénées.